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lissacupid
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En matière d'études, certaines choses semblent immuables, comme cette terminale L toujours composée en grande majorité de filles. Ce n'est ni une légende, ni un cliché : les dernières statistiques du ministère de l'Éducation nationale montrent une tendance par filière toujours bien marquée selon le genre. Elles étaient ainsi 78,8 % à passer un baccalauréat littéraire en France en 2013. Quant à celles qui ne sont pas en section littéraire, elles se tournent plus naturellement vers les classes économiques que vers les classes scientifiques, composées la même année à 57,1 % de garçons.

Dès les petites classes, les filles apprennent plus vite à lire et à écrire, elles ont plus de vocabulaire et sont meilleures en orthographe. Ces premières différences reflètent souvent ce qui se passe au sein de la famille. Les parents discutent plus avec les petites filles, qui restent à table et écoutent les adultes parler, alors que les garçons sont poussés à explorer l’environnement et à « aller jouer dehors ». Les professeurs reprennent ce stéréotype de la vie sociale et encouragent les filles à s'orienter vers les matières littéraires et les garçons à suivre une voie scientifique à tout prix. Les enfants sont poussés dans des directions différentes selon leur genre. Derrière cette distinction persiste l'idée que la série L offre moins de débouchés ; et inconsciemment, certains parents se disent que finalement, «ce n’est pas grave si la fille va dans cette filière, car elle n’apportera qu’un salaire d’appoint dans un couple». Alors qu'un garçon élève moyen ou plutôt bon va être convoqué s’il ne veut pas aller en S.

À cet âge, les adolescents veulent se positionner dans la société. Les jeunes se tournent spontanément vers la voie qui est « normale » pour leur genre, selon les stéréotypes. Ils choisissent aussi un bac en se projetant dans le monde du travail et en ayant conscience qu'ils seront plus ou moins acceptés dans certaines branches selon leur genre. Les jeunes filles vont se tourner vers un bac L car elles ont intégré qu'il est plus facile d’être crédible et légitime dans certains métiers selon son genre. Inconsciemment, quand on voit arriver un plombier femme, on se pose des questions. Les filles qui ont choisi des métiers d’hommes renoncent souvent parce qu'elles ne sont pas considérées à leur juste valeur. Quant aux garçons, ils ne vont pas se tourner vers les filières littéraires, d'abord parce qu’ils ont assimilé qu’être bons en maths était un devoir pour eux, ensuite parce qu'ils ont peur du regard des autres. Les matières littéraires demandent une expression des sentiments. Ils redoutent les moqueries s'ils venaient à exprimer leur sensibilité. Ils vivraient cela comme une remise en cause de leur virilité.

Les évolutions sont faibles, mais perceptibles sur cinquante ans. Le changement majeur concerne plutôt le niveau d’étude : les femmes sont plus qualifiées, font des études plus longues qu’avant. Mais elles restent dans des métiers sociaux ou verbaux (comme les métiers du droit). Cette façon d’assimiler une profession à un genre n’est pas une spécificité française. Le domaine des mathématiques et celui de l’ingénierie restent la chasse gardée des hommes sur toute la planète. Les professions restent très « genrées ». Il y a quelques exceptions qui témoignent d'évolutions : les métiers de la médecine, qui se sont féminisés, en Europe centrale notamment.

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