Moi, c'est Jolan. Je suis en troisième année de licence à l'université de biologie. J'ai fait treize ans à l'école Steiner, de la plus petite classe jusqu'à la dixième.
Moi, je m'appelle Elisa, j'ai 21 ans là, je suis en deuxième année de licence de langues à Lyon 3 ; avec Jolan, on s'est rencontrés au jardin des tout-petits.
Quand on est rentrés en première classe et jusqu'à la dixième, du coup, on a tous été, toujours dans la même classe parce qu'il y avait une classe par niveau, et très souvent, pour les autres classes, c'est avec le même professeur. Dans notre classe, on a toujours eu des gens très différents, qui aujourd'hui, avec qui ça aurait pas forcément collé, qui maintenant sont des amis, parce qu'on n'avait pas le choix que de pouvoir s'écouter et de pouvoir s'entendre, puisqu'on était tout le temps ensemble.
Quand je repense à mes années dans les petites classes, je vais entendre la musique, des fois des sons qui peuvent un peu grincer parce qu'on débute et c'est pas toujours parfait. J'entends la voix de ma maîtresse et de touts les moments où elle racontait plein d'histoires. Je vais revoir les arbres de la cour de récréation ; on pouvait grimper dedans, ou quand on courait et qu'on faisait des jeux tous entre nous.
Quand je repense à mes souvenirs, à mes ressentis et moyennes classes et début des grandes classes, on allait vraiment approfondir un sujet et on allait souvent, surtout dans les matières scientifiques, on allait vraiment expérimenter pour découvrir de nous-mêmes, en fait, comment quelque chose fonctionne, même à propos du corps humain, pour comprendre la vision ou l'ouïe, plein de choses comme ça qui allaient être vraiment concrètes et qu'elle nous permettre ensuite de pouvoir faire des choses plus théoriques, plus facilement, parce qu'on aura compris, en fait, comment est-ce que ça fonctionne.
Du coup, moi aujourd'hui, j'étudie la biologie à l'université et je ne trouve pas ça complètement anodin par rapport au fait que, si je repense à mon enfance, j'ai toujours eu un peu le nez dehors. Aujourd'hui, je trouve ça passionnant de mieux comprendre les choses qui nous entourent, les choses qui ne sont pas forcément visibles, et pour moi, je trouve que justement, je puise un peu ces racines dans l'éducation que j'ai pu avoir à l'école Steiner ; l'approche expérimentale et scientifique qu'on avait, qui nous a beaucoup aidé. J'ai ce besoin, dans la vie, de toujours découvrir des nouvelles choses, d'apprendre des nouvelles choses, et moi, je pense que je tiens vraiment cette curiosité de l'éventail très large de choses quand vous a laissé faire et entrevoir et c'est des choses j'aurais pas pu les découvrir tout seul, il y en a trop, et le fait qu'on m'ait donné les moyens de les découvrir sans que je le demande, parce qu'à l'époque je n'aurais pas eu le recul de les demander — c'est ça qui a fait naître en moi, un peu, la personne que je suis aujourd'hui.

Merci beaucoup, MsGuerin !