(J.M.G Le Clézio) : J'appartiens à la France par ma naissance parce que j'y ai grandi. Mais du côté de mon père et ma mère, on est plutôt mauricien. Et mon grand-père parlait créole… Quand il avait quelque chose qui n'allait pas, quelque chose dont il se plaignait ou bien au contraire qu'il exaltait et il passait au créole. C'était la vitesse de des sentiments.
(Journaliste) : Nous sommes allés à la rencontre des gens de Maurice dans la rue, dans les jardins public et ils ont tous mais vraiment tous exprimé une fierté et une émotion palpable. Est-ce que cela vous touche particulièrement ?
(J.M.G Le Clézio) : Oui, vraiment ça me touche énormément. Je dois beaucoup à Maurice. Sans le savoir, j'ai été élevé dans le culte de ce pays et même si ce culte avait quelque chose d'archaïque par moment, euh lorsque j'ai fait la connexion, j'ai reconnu tout ce que je devais à ce pays. Donc cette reconnaissance par mes concitoyens mauriciens me touche énormément.
(Journaliste) : Le jour où l'on va vous remettre le prix Nobel de littérature, à quoi, à qui penserez-vous ?
(J.M.G Le Clézio) : Ben, en grande partie aussi à Maurice, ça euh il y a il y a une notion au Mexique que j'aime bien qui s'appelle la « patriarchica ». C'est-à-dire, on a une patrie qui est grande, pour moi ça serait la langue française et on a une petite patrie, c'est-à-dire un peu ce qu'on appellerait en France aussi le clocher. Et bien mon clocher, c'est Maurice. Donc je penserai avec émotion à ces gens dont vous me parlez et je ressentirai, j'essaierai de leur transmettre un peu de ce de cet honneur qui qui m'est fait.

Merci beaucoup !!